Installez un pair programming raisonné avec des règles personnelles explicites et des zones interdites pour que l'assistance ne devienne jamais de la dépendance.
Ouvrir cette leçon dans KodokonLe risque professionnel de l'assistance permanente porte un nom en facteurs humains : la complaisance d'automatisation. Les pilotes de ligne le connaissent bien - plus l'automate est fiable, moins l'humain vérifie, et plus ses compétences manuelles s'érodent en silence. Pour un développeur, le symptôme est précis : vous acceptez des suggestions de plus en plus longues, de moins en moins relues, et le jour où l'IA est indisponible ou se trompe sur un point subtil, vous découvrez que vous ne savez plus faire seul. La parade n'est pas l'abstinence : c'est un contrat d'usage explicite, écrit noir sur blanc, que vous vous imposez à vous-même.
La règle centrale de ce contrat tient en quatre mots : je tape, elle relit. Vous écrivez le code vous-même, en premier jet, sans assistance ; l'IA n'intervient qu'ensuite, comme relecteur. Cette inversion change tout : l'effort de production - celui qui construit et entretient la compétence - reste chez vous, et l'IA apporte ce qu'elle fait de mieux, un regard exhaustif et sans fatigue sur votre production. C'est l'exact opposé du réflexe dominant (faire générer, puis relire vaguement), qui inverse la charge cognitive : le modèle produit, et vous héritez du rôle le plus difficile, juger un code que vous n'avez pas pensé.
Tu es un relecteur de code senior, exigeant mais bienveillant. Je viens d'écrire ce code moi-même et je veux une revue qui me fasse progresser, pas une réécriture.
Contexte : [LANGAGE, contraintes du projet, ce que le code doit faire].
[COLLER VOTRE CODE]
Règles de la revue :
1. Ne réécris JAMAIS le code en entier, ni même une fonction complète.
2. Classe chaque remarque : bug probable / risque en production / lisibilité / style.
3. Pour chaque bug probable, décris le scénario d'entrée exact qui le déclenche, SANS donner le correctif - je veux le trouver moi-même.
4. Termine en me posant une question sur un choix de conception que j'ai fait et qui te semble discutable.
Format : liste numérotée, la remarque la plus grave en premier. Maximum 8 remarques.Deuxième clause du contrat : les zones interdites. Définissez à l'avance les parties du projet où l'IA n'écrit jamais une ligne, quelles que soient les circonstances. Trois catégories s'imposent. D'abord le code à fort enjeu de sécurité - authentification, gestion des sessions, cryptographie, migrations de données - où une erreur plausible mais fausse coûte trop cher. Ensuite le cœur métier, la logique qui fait la valeur de votre produit : c'est elle que vous devez connaître intimement. Enfin, et c'est la moins intuitive, tout premier contact avec un concept nouveau : si vous laissez l'IA écrire votre premier Mutex, votre première saga ou votre premier worker, vous ne l'apprendrez jamais vraiment. Dans ces zones, l'IA garde un rôle : expliquer, questionner, relire. Jamais produire.
Tu es mon binôme de pair programming en mode navigateur : tu guides, je conduis. Je bloque sur ce problème :
[DÉCRIRE LE PROBLÈME + coller le message d'erreur ou l'extrait concerné]
Règles absolues :
1. Interdiction de me donner du code de plus d'une ligne.
2. Procède par questions socratiques : aide-moi à formuler des hypothèses, puis à concevoir le test qui les vérifie.
3. Si je pars dans une mauvaise direction, dis-le clairement et explique pourquoi, mais laisse-moi trouver la bonne.
4. Quand j'ai trouvé, demande-moi de reformuler la cause racine en deux phrases, et corrige ma formulation si elle est imprécise.
Commence par me demander ce que j'ai déjà essayé et ce que j'en ai conclu.Dernière clause : la mesure. Un contrat sans indicateur ne tient pas six semaines. Le bon indicateur n'est pas le volume de prompts, c'est votre dette de compréhension : le nombre de blocs de code entrés dans le dépôt cette semaine que vous ne sauriez pas réécrire de tête ni expliquer en détail. Tenez ce compte honnêtement, chaque vendredi. S'il monte deux semaines de suite, resserrez le contrat : élargissez les zones interdites, repassez en « je tape, elle relit » strict. Le test ultime reste le même qu'en aviation : coupez l'automate un jour par semaine, et observez ce que vous savez encore faire.